L’origine des mondes de Boris Vigneron

Publié par Sidsel le 2 février 2026

De et avec Boris Vigneron, ‘Canopée,’est un spectacle d’1H15 dont nous sommes allés faire
l’expérience jeudi 16 janvier à la salle André LeJeune, à Guéret. Après des premiers pas au
festival Off d’Avignon en 2022, cette pièce de théâtre a pris son envol et a maintenant
presque 150 représentations à son effectif.

Avant même le lever de rideau, une ambiance sonore rappelant la jungle remplit la salle,
intriguant encore davantage, entre le bruissement, les cris d’animaux et le rideau rouge, les
attentes sont en suspens. Puis ça s’enchaîne: concert? One man show? Norenjiv entre en
scène, haut de forme ‘midi’ sur la tête, costume rouge sur chemise blanche. Le charme
bordant sur l’arrogance de quelqu’un qui s’auto classe dans la catégorie des stars, Il se
lance dans un concept électro endiablé qui délie les sourires. Le décor, lui, se compose
d’une structure métallique avec une vague allure de cage, des instruments, un sofa, le tout
illuminé par de multiples spots et des jeux de lumière et de fumée.
C’est ainsi que débute une performance aux multiples facettes : Concert qui déraille, avec une
confiance qui vacille, Norenjiv tente de continuer alors que des problèmes techniques le
dépouillent de plus en plus, le mettent toujours plus en face de lui-même. En face de Boris,
qui a tellement de choses à dire, en face de qui nous sommes, de ce qui nous emporte. En
face de Lucas, son technicien, qui essaye tant bien que mal de suivre le cours des choses.
Les spectateurs, eux, se retrouvent en face de ce courant d’émotions, entre le rire et la prise
de conscience, la fascination et la réflexion. Un appel écologique fort ressort du chaos, et
étrangement, le contraste entre le concert électro, l’humour entrelacé dans les actes et la
sincérité du message fonctionne…

Si le concept est sans nul doute original, il ne pourrait pas tenir debout sans la maîtrise
artistique et la conviction de Boris Vigneron. Il délivre une performance plus que solide, que
ce soit par son jeu d’acteur, la puissance de ses acrobaties ou sa voix. Les interventions de
Lucas (et son caractère attachant) équilibrent très bien l’énergie sur scène.
Le travail effectué se ressent tout au long du spectacle, et le jeu est convaincant dans son
apparente impulsivité, en dépit du nombre de représentations passées, qui ne se ressent
que très peu. Le travail zoomorphe, lui, est d’une justesse à couper le souffle, délivré avec
une grande subtilité, et est tout simplement merveilleux à regarder.

Une œuvre qui percute


Se proclamant ‘inclassable’, ‘Canopée’ ne revendique pas ce mot en vain : entre
performance musicale et acrobatique, tissé d’humour sur un fond de message passionné et
sincère, il est difficile de savoir en amont sur quel pied on va danser. C’est une œuvre qui
percute et l’assume totalement. On en ressort avec un rappel de joie de vivre, ainsi qu’une
sensation de devoir de réflexion vraiment utile. Il est précieux et nécessaire de pouvoir
ressortir d’une salle avec un souffle nouveau, et c’est exactement ça que nous offre toute
l’équipe derrière cette œuvre.


Il nous rappelle notre humanité et ce qu’il en manque, les origines de la folie qui nous
entoure. Un regard pointu nécessaire sur les divagations de l’humanité en général, qui nous
rappelle qu’au fond, c’est ce que nous sommes : un animal au bras long.

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